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SE LIBERER DU PASSE - Grégory Mutombo

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SE LIBERER DU PASSE - Grégory Mutombo

Message par gaiane le 19.01.17 20:24

Qu'est ce que l'instant présent ? C'est l'addition ou la confrontation – le vocabulaire sera choisi en fonction de la nature de la vibration que l'on y ressent – de tout ce qui est, ici et maintenant, et du poids ou de l'empreinte de toutes nos expériences passées.
Ainsi, tant que nous sommes encore chargé(e)s de vieilles peines, de rancunes, de regrets, de remords, de blessures, de conditionnements, d'attachements, de vœux et de croyances limitantes, cet instant présent dont nous tentons de faire l'expérience est assez éloigné de cet état de grâce décrit par certains... Certes, c'est l'une des plus lumineuses intentions qui soit que de vouloir goûter cet instant présent mais lorsque celui-ci est encombré de tout un fatras de reliques, de vestiges et de mémoires qui flottent comme des détritus sur la surface de notre lac intérieur, il est illusoire de penser pouvoir contempler ce fabuleux paysage sans être tôt ou tard dérangé(e) par ces espaces de disharmonie qui, sporadiquement, se placent devant notre vue et nous extirpent de notre précaire sérénité. Nous expérimentons cette vacuité temporelle puis, inéluctablement, notre passé nous rattrape, tel le contenu du casier judiciaire d'un délinquant qui referait surface en pleine période de reconstruction de sa virginité.
Se libérer du passé n'est pas le nier, le renier ou le dénigrer. Il n'est nullement question d'ignorer ces détritus flottants ni, encore moins, de chercher à les faire sombrer à nouveau. On ne change pas le passé ni ne le réécrit. Ce qui a été a été, qu'on l'accepte ou non. Mais entendons-nous bien, ces « détritus » ne sont pas notre passé mais notre interprétation du passé. Tous ces épisodes et ces tranches de vie au cours desquels nous nous sommes senti(e)s blessé(e)s, lésé(e)s, toutes ces actions que nous avons accomplies en faisant du mieux que nous pouvions avec notre niveau de conscience de l'époque mais que nous avons ensuite qualifiées d'erreurs et de fautes, tous ces engagements solennels et contrats que nous avons rompus en nous alourdissant au passage d'une culpabilité constituent ces détritus ici évoqués. Ils sont les productions ratées de l'ego et du mental qui se montrent aujourd'hui bien incapables de les dissoudre ou de les assimiler avec douceur et compassion.
Se libérer du passé n'est donc pas un processus intellectuel qui viserait à se persuader que les temps anciens sont révolus, qu'ils n'ont aucune importance ou bien qu'ils n'existent plus. Oui, mentalement, beaucoup adhèrent aisément au principe. Mais concrètement, dans l'expérience du quotidien, lorsque sans cesse nos peurs nous rattrapent, sans cesse nos vieux schémas de pensée ressurgissent, sans cesse nos modes de fonctionnement ancestraux reprennent le pouvoir et nous privent de manifester notre plénitude en nous enfermant dans des projections futures toujours fondées sur l'expérience et non sur l'ouverture à l'Inconnu, que devient cette belle persuasion mentale d'un passé prétendument révolu ?
Quelles directions nous autoriserions-nous d'explorer si nous étions libérés de ce passé qui a forgé nos croyances et nos conditionnements actuels? Toutes. Les interdits que nous nous fixons, les empêchements d'être et d'agir qui nous ceignent (et nous saignent...) sont nos cadenas : J'ai peur d'échouer donc je ne fais pas. J'ai peur d'être jugé par l'auditoire donc je ne m'exprime pas. J'ai peur de souffrir dans une relation donc je n'ouvre pas mon cœur. J'ai peur d'essuyer un refus donc je ne demande pas. J'ai peur que « cela » se reproduise donc je ne pardonne pas. J'ai peur de perdre donc je ne joue pas. J'ai peur de me démunir donc je ne donne pas. J'ai peur d'être seul(e) donc je ne me sépare pas...
Dans une démarche de lucidité profonde, il est à examiner en conscience tous ces pas que nous n'accomplissons pas dans notre vie à cause de nos expériences passées douloureuses - peu importe, à ce titre, que ces expériences rentrent dans le champ mémoriel actuel ou appartiennent à des temps antérieurs. Il ne s'agit pas, en effet, de déterminer la cause d'un frein ou d'un blocage mais de mettre de la conscience sur ceux-ci. Entendons-nous bien, mettre de la conscience ne signifie pas simplement « constater ». Nous sommes nos propres médecins, nos propres guérisseurs. Si un médecin ne fait que constater une fracture ouverte sur la jambe de son patient, avouons que la blessure a peu de chances de se réduire par elle-même...
L'étape qui suit le constat est donc celle de l'acceptation. Une acceptation totale (par le cœur et non la tête) des tribulations de la condition humaine, exempte de tout jugement contre soi ou autrui, de toute interprétation, de tout enfermement dans une dénomination mentale. Accepter, c'est ne rien vouloir d'autre que ce qui a été. Accepter, c'est ne pas chercher à réécrire l'Histoire à notre convenance actuelle. Tant que nous conservons au fond de nous une parcelle d'amertume ou de rancoeur par rapport à ce qui a été, nous demeurons entièrement entravé(e)s par celle-ci.
Ensuite et presque concomitamment vient le temps de l'accueil, c'est-à-dire le moment où il est question de se laisser emplir - envahir même - par la sensation corporelle du « noeud » constaté et accepté. Ce n'est pas un temps d'analyse psychologique mais un temps de ressenti profond, dans le corps physique, de cette présence oppressante, sourde, douloureuse, contraignante ou invalidante. Et il s'agit ici de lui laisser toute la place et tout le temps nécessaires, jusqu'à ressentir une sorte de dilution de cette densité émotionnelle dans notre matière corporelle.
Enfin, vient le temps de l'action, car la spiritualité est ACTION. Agir pour informer le cœur de chacune des cellules de notre corps que le pas initialement interdit peut non seulement être accompli mais en outre qu'il conduit à une nouvelle réalité, bien plus proche de notre Essence. Effectivement, pour ancrer dans le présent la libération du passé et pour intégrer cette information dans notre ADN, il nous faut désormais valider ce processus dans la matière. A l'image du patient qui concrétisera la guérison de sa jambe fracturée par l'action de marcher puis de courir, après une phase de rééducation.
En vérité, cette dernière étape, celle de l'action est - n'en déplaise à certaines conceptions éthérées - la plus spirituelle de toutes car chaque pas, aussi petit soit-il, sème des graines de conscience dans des terres qui, depuis des éons, étaient tenues pour infertiles. Alors, oui, cette oeuvre quotidienne réalisée en amont pourra peut-être sembler ingrate aux yeux de certain(e)s qui, emporté(e)s par l'impatience, aimeraient pouvoir récolter dès à présent tous les fruits de leurs efforts. A ces êtres, je poserai juste une question : les efforts accomplis appartiennent-ils au passé ou au présent ?...
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